Pourquoi la Stimulation Bilatérale Fonctionne
La réponse honnête : on ne le sait pas avec certitude. Plusieurs théories sont bien étayées, et la recherche se poursuit. La base de données probantes est solide — des décennies d’essais contrôlés et un large corpus de données cliniques confirment son efficacité de façon constante — bien que le mécanisme précis reste à l’étude.
Voici les principales explications.
L’explication la plus soutenue empiriquement. Lorsqu’on maintient un souvenir perturbant à l’esprit tout en suivant simultanément une stimulation bilatérale (mouvements oculaires, tapotements, sons), on sollicite la mémoire de travail. La mémoire de travail a une capacité limitée. La diviser entre le souvenir et la tâche de SBL réduit la vivacité et l’intensité émotionnelle du souvenir.
La stimulation bilatérale — en particulier les mouvements oculaires — ressemble aux mouvements oculaires rapides du sommeil paradoxal. La consolidation naturelle de la mémoire et le traitement émotionnel se produisent pendant le sommeil paradoxal. L’EMDR pourrait activer artificiellement un processus similaire — permettant au cerveau de faire ce qu’il aurait fait pendant le sommeil si l’expérience n’avait pas été trop accablante.
La stimulation alternée pourrait favoriser la communication entre les hémisphères cérébraux — gauche (verbal, analytique) et droit (émotionnel, somatique). Les souvenirs traumatiques sont souvent stockés principalement sous forme non verbale, hémisphère droit. L’EMDR pourrait soutenir l’intégration entre les hémisphères, permettant au cerveau verbal et analytique d’accéder à du matériel qui lui était auparavant inaccessible.
Au fil des séries répétées, le souvenir perd en vivacité et en charge émotionnelle. C’est mesurable, reproductible, et ne nécessite pas d’adhérer à un mécanisme neurologique particulier.
Dans ce programme, la stimulation bilatérale est utilisée uniquement pour la stabilisation — renforcer le Lieu Calme, construire des ressources positives. Elle n’est pas utilisée pour le traitement du trauma sans supervision clinique. Le mécanisme est le même ; ce qui diffère, c’est le matériel maintenu à l’esprit et l’intensité de ce qui est activé.
Recherches sur les mécanismes de la SBL
L’explication par la mémoire de travail bénéficie du soutien empirique le plus solide. Voir Gunter & Bodner (2008) et Maxfield et al. (2008) pour les travaux expérimentaux sur les mouvements oculaires et la vivacité mémorielle. L’analogie avec le sommeil paradoxal a été proposée par Stickgold (2002) et reste influente, bien que débattue. Pour une revue complète des mécanismes proposés, voir Lee & Cuijpers (2013), qui ont conduit une méta-analyse spécifiquement sur la contribution des mouvements oculaires en EMDR.