Les croyances comptent plus que les pensées

Une pensée négative est situationnelle. Elle émerge dans un contexte, répond à des preuves et peut être remise en question. « J’ai fait une erreur dans cette présentation » est une pensée — elle s’applique à une situation spécifique, et des preuves contraires (présentations précédentes réussies) peuvent la modifier.

Une croyance négative est structurelle. Ce n’est pas une réponse à une situation — c’est la lentille à travers laquelle les situations sont interprétées. « Je suis fondamentalement inadéquat » n’est pas modifié par une présentation réussie. La croyance est préexistante ; les preuves sont sélectionnées pour la confirmer.

C’est pourquoi la thérapie cognitive seule a une portée limitée sur les croyances liées au trauma. Il est possible d’identifier la distorsion cognitive, de construire le contre-argument, de collecter les preuves qui infirment — et de ressentir quand même la croyance comme vraie. La croyance est stockée à un niveau sous-cortical, avec une composante corporelle, installée dans un moment d’activation intense. Elle n’est pas accessible au raisonnement logique seul.

L’EMDR cible les croyances au niveau où elles ont été installées — dans le souvenir, avec le corps, avec la charge émotionnelle. Quand le souvenir est traité, la croyance se met à jour. Non pas par l’argument, mais par la résolution.

C’est pourquoi la préparation de ce programme est importante. La cognition négative doit être connue avant le traitement — pour que quand le souvenir est accédé, la croyance puisse être suivie, remise en question et finalement remplacée.